Archives mensuelles : novembre 2013

La production d’huile rouge : une des activités majeures, génératrice de revenu pour les femmes de la commune de Zè

Située sur le plateau d’Allada, la commune de Zè abrite de nombreux hectares de palmiers naturels. Elle fait aussi partie des communes abritant la Coopérative d’Aménagement Rural (CAR). Cette coopérative possède près de 2000 ha de plantation de palmiers sélectionnés à côté de celle des particuliers qui a pris un grand essor ces dernières années.

 La commune de Zè abrite de nombreux hectares de palmiers naturels. 

Photo0353Parmi les activités de transformation de produits agricoles, la transformation des fruits de palme en huile vient certainement en 2ème position après celle du manioc en gari dans la commune de Zè. Traditionnellement extraite, la production d’huile de palme est une vieille activité des braves femmes de cette commune. Autant elle participe à la consommation alimentaire du ménage, autant elle constitue une source de revenu pour ces ménages. On dénombre beaucoup d’acteurs dans cette filière. Ces différents acteurs se regroupent en Union Communale des Producteurs de Palmier à Huile (UCPPH)

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«Traditionnellement extraite, la production d’huile de palme est une vieille activité des braves femmes de cette commune.»

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Dans cette activité économique qui occupe la seconde place des cultures industrielles ou agroalimentaires, les femmes sont majoritaires. La production moyenne d’huile rouge par an est de 23543 Tonnes avec un coût de 300 à 500 FCFA le litre. Cette production est destinée à la consommation, à la vente sur le marché local et à l’exportation sur le Nigéria via Sèmè. Par ailleurs, la production d’huile rouge varie au cours de l’année. Des saisons sèches marquées conduisent à un pic de production sur quatre mois de l’année, durant lesquels plus de 70 % de la production est réalisée. Ce pic de production très marqué a une conséquence directe : le coût local de l’huile de palme double chaque année entre la période « de pointe » et la période « creuse ». Ainsi cette forte variation amène bien entendu bon nombre des productrices, ayant la capacité de stocker à chercher, à spéculer sur ce produit et à faire d’importants chiffres d’affaire pendant les périodes de soudure, l’huile de palme étant un produit relativement demandé, quelle que soit la période de l’année.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA«La production d’huile rouge varie au cours de l’année. Des saisons sèches marquées conduisent à un pic de production sur quatre mois de l’année, durant lesquels plus de 70 % de la production est réalisée. »

SAM_1369Néanmoins, il n’est pas rare d’enregistrer une faible production pendant les saisons favorables de production pour diverses raisons. En effet, la persistance d’une production artisanale «procédés manuels »  à plus de 80% et très peu mécanisée affecte considérablement les rendements d’extraction et les rendements horaires très élevés. La baisse de productivité s’explique aussi par le vieillissement des plantations, la dégradation des sols, la mauvaise adaptation des itinéraires techniques, l’accès difficile aux intrants spécifiques et les conditions agro-climatiques qui se dégradent au fil des ans.

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La mécanisation de l’extraction de l’huile de palme au niveau des communautés villageoises, l’abandon des procédés traditionnels, le renforcement de la production et l’aménagement des  palmeraies contribueront non seulement à la dynamisation de la filière palmier à huile mais aussi à l’autonomisation économique de la femme et au développement rural.

«La mécanisation de l’extraction de l’huile de palme, l’abandon des procédés traditionnels contribueront non seulement à la dynamisation de la filière palmier à huile mais aussi à l’autonomisation économique de la femme et au développement rural.»

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La production de la papaye : Une source de revenue en zone rurale et péri-urbaine

Le papayer, de la famille des Caricacées, est une plante tropicale arborescente originaire d’Amérique centrale et du Sud. Carica papaya L. est l’espèce la plus cultivée : son aire de culture s’étend à tous les pays chauds et humides. La plante atteint 2 à 10 mètres de hauteur. Son espérance de vie est de 5 ans, mais la durée de vie économique est de 2 ans.  La production mondiale de papaye avoisine 8,5 millions de tonnes dont 1/3 produit par l’inde et 1/6 par le Brésil. Le Mexique est le premier exportateur au monde avec 74 000 Tonnes par an, suivi de la Malaisie (54 000 Tonnes par an).

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Dans la région sud du Bénin, les conditions agro-écologiques favorisent pleinement le développement de cette plante dont la production est en pleine essor. Beaucoup de plantations de papayer sont installées dans cette zone avec divers variétés  dont  la  variété Sunrise solo 7212  est la plus produite. Petite, pesant environ 450 g, facile à transporter, cette variété de papaye est  très appréciée par sa saveur. Son rendement est de 100 -150Tonnes/hectare en 24 mois. Pour beaucoup de producteurs,  cette filière est d’une source de revenue inimaginable. Sa demande en main d’œuvre est faible. En effet, pas besoin de beaucoup d’entretien ni de la présence permanente des ouvriers dans le champ de papaye solo. De plus très peu de moyens sont investi dans les intrants (pour assurer la protection des plantes et des fruits).  Tout ceci constitue un grand atout  et est à l’avantage  du producteur qui fait moins de dépense dans la production et une forte rentabilité économique.

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« Après chaque  récolte et  vente de papaye solo, j’ai l’impression de gagner à la loterie car je n’investi presque rien dans la production, les ventes se font bord champ  et les revendeuses sont toujours à l’affût » confie un jeune producteur de papaye solo. Plusieurs tonnes de papaye solo sont diffusées, bien acceptées  et entièrement vendues sur le marché  et auprès des restaurateurs ces dernières années. On compte par centaines, les bonnes dames vendeuses de papayes solo mises à nues, délicatement coupés et emballés dans des sachets transparents pour le bonheurs des adeptes de ce fruit riche en vitamine A et C qui facilite la digestion et dont les graines sont vermifuges. Parlant des qualités organoleptiques de la papaye, elle révèle une saveur variable selon la variété : fade ou au contraire très parfumée et sucrée. Elle se déguste alors arrosée d’un filet de citron.

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Il est nécessaire de soutenir et de  renforcer cette filière  en  intensifiant la production afin de satisfaire la demande du marché qui dépasse actuellement largement  la quantité de production. Par ailleurs l’existence d’un marché extérieur à proximité  (le Nigéria, le Burkina-Faso…)   et la possibilité de transformer ce fruit agroalimentaire en  chips, en confiture ou en pâte de fruits  sont autant d’atouts qui forcent le développement de cette espèce fruitière au Bénin. La demande  de papaye solo qui ne cesse de croître, des marchés nationaux et régionaux disponibles , la sécurité alimentaire encore un objectif  à atteindre sur notre continent,  j’exhorte mes compatriotes surtout les jeunes et les femmes à s’engager dans la filière papaye et adieu au chômage et à la faim.

La riziculture au Bénin, nouvelles tendances de réduction de la pauvreté et de sécurité alimentaire

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Le Bénin fait partie des pays de l’Afrique de l’Ouest qui dispose d’importantes ressources hydrauliques et hydro agricoles réparties sur toute l’étendue du territoire national. Le Bénin dispose donc d’un potentiel de plus de 322 000 ha de terres propices à la riziculture dont 205 000 ha de bas fonds et 117 000 ha de plaines inondables. Cette disponibilité de ressources favorable à la riziculture milite en faveur du développement  de la filière en pleine  progrès. On enregistre alors une forte exploitation avec une forte couverture  de la superficie d’exploitation qui passe de 7%  en 2010  à plus de 10% en 2013. La superficie totale occupée est environ 32.200 hectares. De même on dénombre chaque année une augmentation  de plus d’une centaine de producteurs. Ces derniers représentent la base de la pyramide de la filière rizicole au Bénin. A l’exception de quelques grands producteurs qui disposent de grandes exploitations, la majorité des exploitations seraient des micros exploitations mettant en valeur moins de trois hectares de superficies. Par ailleurs, on compte aussi plusieurs associations  ou groupements de producteurs.  Ces derniers produisent ensemble sur de grandes superficies et  partagent leurs bénéfices entre les membres à la fin de la campagne de production dès que  leur produit est vendu. Pour beaucoup de rizicultrices, le bénéfice obtenu après ventes participe à la scolarisation de leurs enfants et au-delà de çà, la production du riz leur permet maintenant d’avoir de bon comportement alimentaire. Pour Laure, présidente d’un groupement de rizicultrices à Sèdjè, commune de Zè, département de l’Atlantique, la production de riz est un atout pour la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire.

Séchage du riz au soleil.

En outre, la faible qualité du riz local au riz importé demeure un problème important : toutes les chaines de productions du riz grain local ne sont pas compétitives par rapport à l’importation. Il est donc important d’améliorer la qualité du riz local par une amélioration des activités de post-récolte (battage, séchage, étuvage, décorticage conditionnement) pour plus de compétitivité et une forte consommation et préférence du riz local et tout ceci pour le bonheur des producteurs, la sécurité alimentaire et la croissance de l’économie nationale.