Archives mensuelles : juillet 2014

Marthe MONTCHO, First Prize Winner Yobloco Awards « Youth in Agriculture Blogs Competition »

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The prize giving gala took place  (July 17th) in Nairobi (Kenya) immediately after the end of the Fin4ag conference organized by the Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation (CTA), in partnership with many other organizations such as Afraca (the African rural and agricultural credit association).

Check out the winners: http://www.yobloco.info/news/winners

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Trois clés pour vaincre la réticence des banques à financer le secteur agricole

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Dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, l’agriculture est le premier secteur d’activité économique. Elle occupe près de 75 %  de la population. Son principal problème demeure le financement. En effet, beaucoup d’institutions financières réticentes à investir dans l’agriculture, jugeant le secteur trop aléatoire.

Le financement des chaines de valeur agricoles est nécessaire pour le développement de ce secteur et pour impacter par là-même la croissance économique des Etats. Encore faut-il convaincre les banques à investir davantage dans le secteur agricole.

Esther Muiruri, Responsable Marketing et Communication à Equity Bank du Kenya ne manque pas d’idées. Elle les a développées lors du second Briefing Continental Africain au tour du thème « Promouvoir des modèles financiers inclusifs pour les agriculteurs africains ». C’était le 14 juillet dernier à Nairobi au Kenya, ne marge de la conférence internationale sur le financement de l’agriculture « Fin4Ag14 ».

Son approche tient en trois clés essentielles. D’abord, le recrutement de spécialistes en agriculture dans les banques pour l’expertise des exploitations agricoles. Car les banquiers classiques ne comprennent pas la nécessité du financement dans le secteur agricole.

Ensuite, Esther Muiruri préconise aux banques l’organisation de formations pour les agriculteurs pour débattre des questions pertinentes du financement agricole.

Enfin, la formation des agriculteurs à la gestion financière et à l’épargne. Cette formation, à l’en croire, permettrait à la banque de s’assurer que l’agriculteur est capable de bien gérer les fonds qui lui sont octroyés. Car le besoin de financement, ce n’est pas seulement l’argent.

Pour Esther Muiruri, l’agriculture a des risques, mais, une bonne collaboration avec les agriculteurs permet de les éviter ou de les limiter. Ainsi en bon collaborateur, la banque doit chercher à avoir des informations sur la météo, l’état du marché, les business dans lesquels les petits exploitants sont impliqués, la coopérative agricole à laquelle appartient l’agriculteur, son fournisseur d’intrant, etc.

Fort de ses expériences dans la finance agricole, Esther Muiruri propose par ailleurs, la prise en compte des besoins sociaux des agriculteurs. A ce niveau la banque doit examiner la taille de l’exploitation agricole de l’agriculteur, sa capacité à rembourser afin de lui fournir un prêt adapté.

Un autre facteur important selon Esther Muiruri est la diversification des activités agricoles du client. Et pour cause.  Il peut arriver que les prix tombent dans une spéculation agricole : par exemple le prix du coton peut chuter d’une saison à une autre. Dans ce cas seule la diversification des activités agricoles peut permettre à l’agriculteur et à la banque de se tirer d’affaire.

Blog rédigé par Marthe Montcho, journaliste citoyen pour la conférence Fin4Ag.

Filière crevette au Bénin : transformation artisanale des crevettes

gambasLa transformation des crevettes est la principale activité économique des populations lacustres du Bénin.  De mère à la fille, cette activité constitue un héritage  pour  la majorité des femmes d’ethnies « Toffins » qu y gagne leur revenus quotidiens.

De même La filière « crevettes » mobiliserait près de 65.000 actifs à temps plein ou partiel (pêcheurs, mareyeuses, collecteurs, ouvriers des établissements de transformation et fournisseurs de services connexes). Elle contribue également au maintien des populations dans des zones où la pêche aux crevettes est souvent la principale source de revenus monétaires

Par ailleurs face aux difficultés de la filière notamment l’absence d’usines de transformation accréditées et bien équipées, les femmes transformatrices en vue de la conservation des crevettes, procède au  fumage, une des premières techniques de transformation traditionnelle des  crevettes  au Bénin.

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La technologie utilisée pour le fumage est simple et comprend le four, le grillage, le combustible et la matière grasse pour la lubrification du grillage. Dans les villages où la principale technique artisanale de conservation est le fumage, on rencontre trois types de four: le four circulaire en terre de barre, le four chorkor de forme rectangulaire en terre de barre également et enfin le four en tonnelet. Ce dernier est celui utilisé dans les  des villages lacustres de Sô–Tchanhoué, sur le lac Nokoué, dans la commune de Sô-Ava, département de l’Atlantique.

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Enfin La transformation des crevettes par le fumage reste de plus en plus une activité dont la dimension socio-économique et les impacts  cumulés sont appréciables et intègrent les stratégies de la politique de réduction de la pauvreté et d’implication de la cible femme dans les processus de décollage socio-économique du Bénin.

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Genre et développement des filières halieutiques au Bénin

SAM_4364Entretien avec Madame Ahouandjinou Philomène,  mareyeuse de renom, commerçante des produits halieutiques,  actrice du développement de la filière pêche au Bénin,  femme modèle et leader, présidente du COMATRAC.

Qu’entendez-vous par COMATRAC ?

COMATRAC sous-entend Coopérative des Mareyeuses et Transformatrices de crevettes de la commune de Sô-AVA.

Quelles est l’importance de la filière pêche dans la commune de Sô-AVA?

Située dans le département de l’Atlantique, la commune de Sô-Ava  est traversée par la rivière Sô, d’une longueur de 84,4 km. La commune de Sô-Ava  se caractérise donc par sa richesse en plans d’eau d’où son appellation de commune lacustre. Ainsi comme toute commune lacustre la principale activité économique pratiquée ici est la pêche. Subdivisée en 42 villages répartis dans 8 arrondissements ( Sô –Ava ; So-tchanhoué ;   Vekky ; Houédo-Aguékon ; Dékanmè ; Ganvié1 ; Ganvié2 et Ahomey-lokpo), toute la commune a pour activité principale la pêche.

Vous êtes fondatrice et présidente du COMATRAC depuis le 20 Janvier 2012. Dites-nous comment est née l’idée de coopérative et quels sont vos objectifs ?

Malgré le nombre important de femmes exerçant dans la filière pêche dans la commune, nous n’étions pas  auparavant représenter dans les instances de décisions concernant la filière. Nous étions marginalisées. Nos doléances et recommandations pour le développement de la filière n’étaient pas prises en compte. L’idée de coopérative est donc née d’un besoin des femmes mareyeuses de la commune de participer aux prises de décision, de contribuer au développement de la filière pêche et d’améliorer nos conditions de vie.

De 2012 à nos jours, quelles sont les réalisations de votre coopérative ?

Depuis sa création, le COMATRAC a mener beaucoup de lutte et grâce à notre déterminisme et notre dynamisme, nous avons pu opérer beaucoup de changement dans la filière pêche et dans notre commune. Entre autre, nous avons :

  • Réussir à faire entendre notre voix et nous participons  désormais aux réunions et prises de décisions. Contrairement à avant, nous sommes maintenant impliquées dans les programmes de développement de  la filière halieutique au Bénin ;
  • Réussir à interdire la pêche en période d’alevinage ;
  • Réussir à interdire l’utilisation des engins  inappropriés à la  pêche ;
  • Réussir à interdire l’usage des filet à maille fins et des filets prohibés  pour la pêche ;
  • Aussi nous Contribuons activement à la lutte contre la pollution de nos plans d’eau. De bons comportements sont maintenant adoptés pour le bien être de notre communauté, la protection de l’environnement et sa durabilité.

En dehors de vos cotisations à l’interne, votre coopérative a-t-elle des appuis externe ?

Nous n’avons pas des accompagnateurs financiers officielles. Néanmoins, nous avons bénéficié du projet PADPPA (Projet d’appui au développement de la pêche artisanale) qui nous a fait don de barques motorisés, des glacières et d’autres équipements de pêche.

A votre avis que faut-il faire pour booster le développement des filières halieutiques au Bénin ?

Pour le développement des filières halieutiques au Bénin, il est nécessaire de :

  • Installer des usines de transformation accréditées et bien équipées. Je trouve très anormale le fait que malgré l’abondance des produits halieutique, nous n’avons même pas une seule usine.
  • Installation d’une usine de transformation et d’exportation continue. Je profite pour souligner que  la filière crevette par exemple peut générer beaucoup d’emploi si elle est orientée vers l’exportation. Ceci  permettra non seulement le développement de la filière mais aussi la réduction du chômage qui sévissent actuellement nos jeunes compatriotes.

 Avez-vous un mot à l’endroit des femmes qui  ont peur d’exprimer leur leadership et de prendre des initiatives comme vous ?

Je leur lance aujourd’hui un appel, celui  de la détermination et du bravoure . Si elles rêvent d’un lendemain meilleur, de la sécurité alimentaire de leur communauté, de la réduction de la pauvreté et du développement de leur pays, elles doivent laisser tomber ce sentiment d’infériorité, de peur et exprimer leur leadership. Le développement, c’est l’affaire de tous (hommes et femmes).

ZZ

 

 

Elevage d’escargot au Bénin : un secteur d’avenir

Escargot 1L’escargot géant Africain est l’une des espèces qui dispose d’un grand potentiel zootechnique. De plus il est apprécié pour la saveur et la qualité de sa viande ainsi que pour l’excellente valeur nutritive de sa chair. Sa viande reste aujourd’hui une viande très prisée par les populations ouest africaine.

Ainsi l’élevage  de l’escargot géant Africain, Archachatina Marginata connaisse aujourd’hui un essor rapide en Afrique de l’ouest  et au Bénin en particulier. Les divers produits obtenus après différents processus de transformation des achatines sont représentés par :

  •  viande d’achatine frite et sauce à la viande d’achatine ;
  • viande d’achatine grillée ;
  • viande d’achatine séchée ;
  • viande d’achatine beurrée ;
  • viande d’achatine court-bouillonnée.

Les œufs des escargots sont aussi consommés sous la forme de caviar.

Mise à part ses valeurs nutritives , escargot (Archachatina Marginata) connaisse aussi d’autres utilisations. Les achatines sont utilisés dans la pharmacopée. En effet diverses parties des achatines sont utilisées dans la pharmacopée pour la guérison de certaines maladies. C’est le cas, du liquide contenu dans la coquille d’achatines après extraction de la chair qui serait utilisé pour la cicatrisation des blessures fraîches et l’arrêt des hémorragies. Il en serait de même pour la coquille calcinée et mise en poudre qui a un effet cicatrisant pour les plaies engendrées par des brûlures superficielles. En médecine traditionnelle au Bénin, l’escargot entier entrerait aussi dans certaines portions qui serviraient d’une part à dénouer certaines grossesses compliquées et d’autre part à guérir l’épilepsie.

Les achatines sont aussi utilisés en cosmétique, de même que dans la détection des pollutions. Sur les plans cultuels et culturels, les achatines sont d’une grande importance au Bénin : en raison de sa lenteur, l’escargot a traditionnellement été considéré comme un symbole de la patience.

Eu égard de tout ce qui précède, la rentabilité économique de l’élevage d’escargot n’est plus à démontrer. C’est un secteur d’avenir.

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