Quand la culture et l’alimentation se fêtent ensemble, c’est la fête de l’igname au Bénin !

A la date 15 Août de chaque année, c’est la fête de l’igname au Bénin. Cette fête draine des milliers de Béninois et touristes vers Savalou, la cité des Gbaguidi. La commune de Savalou est connue comme le lieu  géoculturel par excellence où se célèbre l’igname. Cette fête est l’appartenance des groupes socioculturels tels que les Mahi, Nagot, Bariba, Dendi et autres ethnies. L’igname est ancrée dans les habitudes alimentaires de ces populations et constitue un marqueur de leur identité. L’igname conserve cet avantage face à la concurrence d’autres produits amylacés moins marqués culturellement . Au contraire du manioc, du maïs ou du riz, l’igname est un produit natif de ces régions et est ainsi profondément ancrée dans la culture de leur population. Chez plusieurs groupes ethniques, sa consommation est fortement ritualisée, régie, à chaque nouvelle récolte, par des cérémonies entretenant la cohésion des groupes sociaux et activant leur identité : les fêtes de l’igname.

L’igname a jouit et continue de jouir auprès de certains groupes socioculturels, dans une certaine limite, de traitements particuliers qui font que certains la considèrent comme une culture sacrée. Dans la symbolique coutumière, c’est au travers de l’igname que renaît la vie des ancêtres. Manger l’igname, c’est bien sûr se nourrir, mais c’est surtout une communion . Ainsi donc l’igname est l’une des cultures qui revêt une importance aussi bien alimentaire, culturelle qu’économique pour les populations d’Afrique de l’Ouest dont le Bénin.

L’igname (Diacocera spp.) est l’une des cultures qui revêt une importance aussi bien alimentaire, culturelle qu’économique pour les populations d’Afrique de l’Ouest dont le Bénin.Il est aussi une culture tropicale d’une grande importance socio-économique surtout dans les pays du Golfe de Guinée (Nigeria, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin etc.). Sa consommation reste importante ou augmente dans plusieurs pays traditionnellement producteurs et ce, malgré des importations élevées de riz et de blé . Les plantes à racines et tubercules sont des cultures alimentaires particulièrement importantes dans la lutte durable contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des ménages ruraux.

Au Bénin, la production en igname a connu au cours de ces dernières décennies un accroissement annuel d’environ 12% . Au Bénin, l’igname est surtout cultivée dans les formations cristalllines du Centres et du Nord depuis la latitude de Djidja jusqu’à Kandi. .Elle fait l’objet d’importante transaction commerciales depuis ces zones de productions vers les grands centres commerciaux urbains dont notamment cotonou, Porto-novo et Bohicon.

L’igname pilée occupe une très bonne position parmi les produits consommés par les populations, quel que soit leur niveau de prospérité. Elle s’est insérée dans les habitudes alimentaires des ménages urbains et sa consommation dépasse désormais les aires géographiques traditionnelles que les milieux ruraux. L’igname est consommée sous diverses formes dont la plus prisée est ‘l’igname pilée’ connue sous le nom de « agou » au Sud et au Centre Bénin et « tchokourou » au Nord Bénin.

Par ailleurs, le pilage d’igname tant dans les ménages que dans les restaurants, est un travail fastidieux (forte dépenses d’énergie physique) pouvant durer une trentaine de minutes environ et donnant une pâte dont la qualité est souvent entachée par la sueur et des débris de bois du mortier. Aussi l’utilisation du mortier, bien que ancrée dans la tradition, a des impacts sur l’environnement comme la pollution sonore et les abattages des arbres pour la confection des mortiers et des pilons. Les essences les plus menacées au Bénin sont entre autres le karité (Vitellaria paradoxa) et le néré (Parkia bigglobosa).

Depuis 2004, une technologie alternative de pilage d’igname, la pileuse électromécanique élaborée par le Centre de  Recherche en Technologie Agroalimentaire (CRTA) a été mise sur le marché en vue surtout de promouvoir sa consommation dans les milieux urbains au Bénin. La pileuse, contrairement au mortier à pilon, permet d’obtenir en cinq minutes de l’igname pilée. Ce qui constitue un gain en temps, une diminution de l’effort physique et une garantie de la qualité de l’igname pilée.

Aussi  l’igname est reconnue pour certaines propriétés médicinales ou recommandée pour certains régimes alimentaires. Les variétés sont non seulement distinguées du point de vue agronomique ou botanique mais aussi du point de vue culinaire. Certaines variétés ou cultivars sont ainsi reconnues pour leur aptitude à être pilées, d’autres pour leur aptitude à être séchées, etc. Par ailleurs, les caractéristiques de qualité d’un même type de préparation à base d’igname sont différentes d’un consommateur à l’autre.

Quant à la conservation et la transformation de l’igname, la faible durée de conservation se traduit par de fortes variations saisonnières de disponibilité et par conséquent de prix. Une filière marchande de cossettes d’igname précuites et séchées, fabriquées surtout à partir des variétés kokoro (du groupe Dioscorea cayenensis-rotundata) à petits tubercules. Ce développement s’est accompagné de la diffusion d’une préparation culinaire à base de farine de cossettes, l’a m a l a et a permis de lever la plupart des contraintes rencontrées dans les filières dominées par les tubercules frais. Sous la forme de cossettes séchées, l’igname peut se conserver plusieurs mois, voire une année si les conditions de stockage permettent d’éviter les attaques d’insectes.

 

 

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