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Transformation artisanale du lait frais de vache en fromage local peulh au Bénin

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Connu sous le nom de waragashi, la transformation du lait frais de vache en fromage est une activité exclusivement féminine dont les femmes béninoises  détiennent le procédé depuis des lustres. En effet la technologie traditionnelle de transformation  du lait frais en fromage au Bénin furent l’œuvre des femmes béninoises d’ethnies peulh de la région nord du pays d’où l’appelation « fromage local peulh ».

Traditionnellement recueilli, au petit matin par les peulh (hommes), le lait de vache pour être mieux conservé est transformé en fromage par les femmes peulh. Le fromage obtenu peut être conserver durant des jours.  et sert de source de revenu au foyer peulh.

Assez apprécier des consommateurs, le fromage occupe la première place des produits laitiers consommés au Bénin et constitue aujourd’hui un produit de commerce aux femmes revendeuses des villes carrefour du bénin (Dassa, Panouignan, Parakou, Djougou etc.). Ce commerce est encore fleurissant dans les grands marchés en l’occurrence le marché international Dantokpa, le marché de Glazoué et le marché Arzékè de Parakou  où de nombreuses femmes en tirent leur revenu quotidien. Ainsi outre les femmes peulh détenteurs de la technologie traditionnelle de fabrication du fromage, le Bénin a connu d’autres catégories de fromagères qui  sont des femmes d’ethnie Bariba, Dendi, Wama. Ces femmes proches des femmes peulh se sont initiées chez ces dernières.

De nos jours, les fromagères sont répandues un peu partout dans le Bénin. Plus besoins de se rendre au nord du pays pour s’en procurer bien vrai que la zone nord demeure le lieu de forte production du fromage local peulh. Le nombre de fromagères, grossistes et revendeuses qui augmentent de jour en jour témoigne l’importance de cette activité pour la sécurité alimentaire de même que dans  l’économie et l’autonomisation financière des femmes béninoises .

Autonomie financière des femmes grâce aux maraîchages

SAM_2573Financièrement autonome grâce aux activités maraîchères depuis 28 ans sur le site de maraîchage de Houéyiho (Cotonou, Bénin) et membre de la Coopérative des jardiniers de Houéyiho (CJH) de Cotonou, la soixantaine d’âge Madame HOUNADJA Jeanne nous relate sa carrière, sa passion.

Femme Agriculture Développement Rural : 28 ans de carrière et de fidélité à la terre, dites-nous pourquoi vous avez choisi le maraîchage comme activité économique principale? 

J’ai choisi le maraîchage comme activité économique principale parce que j’aime la terre et elle ne ment pas. Toute mon enfance et mon adolescence j’ai aidé mes parents dans le champ familial au village. Cultiver la terre, c’est ce que je sais le plus faire. Alors arrivée en ville et une fois après mon mariage, j’ai décidé de continuer mon métier d’agricultrice et la seule possibilité qui s’était offerte à moi était le maraîchage car les autres cultures (culture de céréales, tubercules etc.) ne se font pas en ville. Grâce à cette activité, j’assure une alimentation saine à ma famille, j’ai appuyé mon mari dans la scolarisation de nos enfants. Les récoltes dans le jardin se font en toute saison contrairement aux champs et les recettes sont presque quotidiennes. Je n’attends donc plus mon mari pour m’acheter un pagne ou pour me réaliser un projet.

Femme Agriculture Développement Rural : Au nombre de 54 femmes contre 354 hommes en 2004, le nombre d’acteurs sur le site de maraîchage est aujourd’hui de 6 femmes sur 402 hommes, à votre avis pourquoi beaucoup de femmes ont abandonné?

Les femmes croient au maraîchage mais l’absence d’appui financier et les difficultés d’accès des femmes aux crédits agricoles ont amené beaucoup de femmes à abandonner. En réalité pour réduire la pénibilité du travail, il est nécessaire d’acquérir par exemple une motopompe  (dont l’installation revient à environ 450.000F) pour l’arrosage. Il n’est pas évident d’utiliser chaque jour un arrosoir manuel pour arroser des centaines de planches. Beaucoup de femmes finissent pas en tomber malade et à défaut de se procurer une motopompe faute de moyens financiers, abandonnent.

Femme Agriculture Développement Rural: Quelles sont les valeurs que vous pratiquez dans votre vie et dans votre travail de tous les jours ? 

Je suis de nature humble et très ouverte au monde. Malgré mes expériences dans le maraîchage, je ne me prends pas pour une incontournable. Je suis toujours prête à apprendre des autres, de même que prête à partager mes expériences. J’ai un grand sens de l’honnêteté et de la solidarité.

Femme Agriculture Développement Rural: D’après votre expérience, le métier de maraîchage est – il rentable ? 

Les demandes deviennent de plus en plus grandes avec la pression démographique. Aucune mévente sur le site n’a été encore enregistrée, ici les acheteurs (en gros comme en détail) s’alignent en fil. Nous faisons de bons chiffres d’affaires. La période des fêtes de fin d’année, le mois du Ramadan et le temps de Pâques sont les moments de grandes recettes. Nous faisons en ces périodes jusqu’au triple de nos chiffres d’affaires.

Femme Agriculture Développement Rural: Avez vous un mot à l’endroit des femmes passionnées par le maraîchage mais qui hésitent encore ?

Le maraîchage leur permettra d’assurer la sécurité alimentaire de leur famille y compris celle de leur communauté et d’être autonome  financièrement. Et je pense que ce sont les deux grands rêves de la femme : le bien être de ses proches et son indépendance financière. Les femmes doivent donc s’y accrocher, çà vaut le coût.

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