Archives de Tag: entreprenariat féminin

Zoom sur les jeunes femmes dans l’agroalimentaire au Bénin : A la rencontre de Mme Euphrasie DASSOUNDO, promotrice de la purée de tomate “ Xpress tomate“

Malgré les pressions sociales et économiques dont elles sont victimes, il existe de braves femmes, chefs d’entreprise agroalimentaire qui font leur chemin dans un secteur fortement masculinisé qui connaisse souvent les femmes comme ouvrières et non chefs d’entreprise. A la rencontre d’une des dames émergentes dans le secteur de l’agroalimentaire au Bénin.

IMG-20150930-WA0012 (1)«  En 2012, quand j’ai démarré mon entreprise petitement sous l’effet du chômage, je transformais un panier de 40 Kilogrammes de tomate par jour. Aujourd’hui l’entreprise agroalimentaire  Xpress tomatetransforme plus de cinquante paniers de tomate de 40 Kilogrammes par jour. Aux jeunes et femmes agro-entrepreneurs qui hésitent encore, je vous prie de croire fortement en votre projet et n’abandonner pas aux premiers obstacles.»  Mme Euphrasie DASSOUNDO

Pourquoi “ Xpress tomate“ ?

Le nom “ Xpress tomate“ pour traduire cuisine express. Nos produits sont précuits et peuvent être directement consommé.

Quelle est la particularité de “ Xpress tomate“ ?

J’aime le naturel et ma première motivation est le naturel. La particularité de “ Xpress tomate“ repose sur la fabrication naturelle des conserves. Le goût des nutriments restent intacts. “ Xpress tomate“ est la purée de tomate bio et naturelle. De plus sur toute la chaine de transformation nous n’utilisons pas d’additif chimique. “Xpress tomate“ est  conservé à partir d’une méthode de conservation naturelle : la pasteurisation. 

Décrivez-nous brièvement votre entreprise “Xpress tomate“ ?

“Xpress tomate“, c’est 500 conserves de purée de tomate “ Xpress tomate“ produits par jour et livré sur le marché.

“Xpress tomate“, c’est une vingtaine d’employés très dynamiques et motivés.

Entant que femme chef d’entreprise, quels sont les difficultés que vous rencontrez ?

Les difficultés que je rencontre entant que femme entrepreneur sont d’ordre social. Aussi il n’y a pas un vrai accompagnement pour l’entrepreneuriat du secteur agricole et agroalimentaire au Bénin.  Les services financiers ont encore de la réticence à octroyer des prêts pour ce secteur d’activité.

Comment imaginez-vous votre entreprise dans 5 ans ?

Dans 5 ans “Xpress tomate“ sera dans le quotidien de tous les ménages au Bénin et au delà de nos frontières.

Votre mot de fin

Découvrez “Xpress tomate“, c’est l’adopter dans vos cuisine. Je vous invite à le découvrir enfin !

Tomate et personne

Diagnostic de l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole au Bénin

Photo0266L’entreprenariat féminin se définit comme la création et le développement d’entreprise par les femmes. Ce concept devrait donc être très important dans les programmes de développement de tous pays en voies de développement ou pays pauvres car la femme joue un rôle non négligeable dans la société en tant qu’opératrice incontournable dans la lutte contre la pauvreté. Ainsi il s’avère très important de s’intéresser à l’entreprenariat rural en particulier l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole au Bénin. Ceci pour trois raisons fondamentales : sur le plan démographique les femmes sont plus nombreuses que les hommes, aussi on compte plus de femmes en milieu rural qu’en milieu urbain au Bénin et ces femmes exercent majoritairement des activités agricoles. Promouvoir l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole contribuera donc inévitablement au développement agricole et à la réduction de la pauvreté au Bénin. Par ailleurs le développement de l’entreprenariat féminin constituera aussi une source de mobilisation des recettes de l’Etat et une augmentation du financement interne car beaucoup de femmes auront désormais une entreprise agricole reconnue et formelle.

Malheureusement, on compte très peu de femmes entrepreneures dans le secteur  agricole au Bénin. La majorité des femmes rurales travaillent comme ouvrières dans les exploitations agricoles. D’autre part, Elles mènent une agriculture de subsistance. Leurs productions visent plus l’autoconsommation, la survie de leurs ménages qu’une grande production, une entreprise agricole où la production est comprise comme une révolution verte qui propulse vers un développement agricole et un développement économique. Ainsi, c’est rare de voir une femme rurale s’engager dans entrepreneuriat agricole. Les femmes entrepreneures dans le secteur agricole au Bénin sont moins de 5% du nombre total de femmes exerçant dans l’agriculture. Ces entrepreneures agricoles sont majoritairement des femmes intellectuelles, des femmes agronomes, des femmes professionnelles exerçant dans un autre secteur d’activité. Elles sont pour la plupart des commerçantes, des opératrices économiques, fonctionnaires de l’administration publique, fonctionnaires à la retraite etc. Ainsi les femmes entreprenantes dans le secteur agricole au Bénin sont des femmes qui ont déjà une certaine autonomie financière. Elles ont pour la plupart au minimum 40 ans d’âge.

Nous constatons donc qu’il existe des difficultés qui limitent les femmes rurales à s’engager dans entreprenariat agricole. Au nombre de ces contraintes, nous avons :
– L’accès des femmes rurales à la terre qui est un facteur déterminant dans la production agricole : la femme n’hérite pas de la terre dans nos coutumes. Ceci constitue une pesanteur socioculturelle qui empêche d’une manière ou d’une autre le développement agricole au Bénin.
– L’Accès aux crédits agricoles : les banques demandent des garanties et surtout les propriétés foncières pour attribuer des crédits. Voilà qu’elles n’en disposent pas. Elles n’arrivent donc pas à accéder aux crédits agricoles.
– Le manque de moyens financiers pour l’achat des intrants agricoles (semences amélioré et engrais surtout). Ceci affecte considérablement leur rendement agricole.
– Le manque de formations et d’appui technique : les formations et sensibilisations sont faites uniquement en milieu urbain, elles ne sont pas souvent décentralisées pour concerner les villages. Ainsi ces formations touchent beaucoup plus les femmes intellectuelles, les femmes déjà entrepreneures que les femmes qui ont vraiment besoin de ces formations.

Pour le développement de l’entreprenariat des femmes dans le secteur agricole, il est nécessaire de donner du crédit aux femmes rurales. L’accès des femmes rurales au financement agricole participera certainement à l’augmentation de leur productivité agricole, au développement de l’agriculture commerciale et à plus de vison d’entreprenariat. Il est important aussi de faciliter l’accès des femmes à la terre et aux formations.