Archives de Catégorie: Pêche et aquaculture

Filière crevette au Bénin : transformation artisanale des crevettes

gambasLa transformation des crevettes est la principale activité économique des populations lacustres du Bénin.  De mère à la fille, cette activité constitue un héritage  pour  la majorité des femmes d’ethnies « Toffins » qu y gagne leur revenus quotidiens.

De même La filière « crevettes » mobiliserait près de 65.000 actifs à temps plein ou partiel (pêcheurs, mareyeuses, collecteurs, ouvriers des établissements de transformation et fournisseurs de services connexes). Elle contribue également au maintien des populations dans des zones où la pêche aux crevettes est souvent la principale source de revenus monétaires

Par ailleurs face aux difficultés de la filière notamment l’absence d’usines de transformation accréditées et bien équipées, les femmes transformatrices en vue de la conservation des crevettes, procède au  fumage, une des premières techniques de transformation traditionnelle des  crevettes  au Bénin.

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La technologie utilisée pour le fumage est simple et comprend le four, le grillage, le combustible et la matière grasse pour la lubrification du grillage. Dans les villages où la principale technique artisanale de conservation est le fumage, on rencontre trois types de four: le four circulaire en terre de barre, le four chorkor de forme rectangulaire en terre de barre également et enfin le four en tonnelet. Ce dernier est celui utilisé dans les  des villages lacustres de Sô–Tchanhoué, sur le lac Nokoué, dans la commune de Sô-Ava, département de l’Atlantique.

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Enfin La transformation des crevettes par le fumage reste de plus en plus une activité dont la dimension socio-économique et les impacts  cumulés sont appréciables et intègrent les stratégies de la politique de réduction de la pauvreté et d’implication de la cible femme dans les processus de décollage socio-économique du Bénin.

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Genre et développement des filières halieutiques au Bénin

SAM_4364Entretien avec Madame Ahouandjinou Philomène,  mareyeuse de renom, commerçante des produits halieutiques,  actrice du développement de la filière pêche au Bénin,  femme modèle et leader, présidente du COMATRAC.

Qu’entendez-vous par COMATRAC ?

COMATRAC sous-entend Coopérative des Mareyeuses et Transformatrices de crevettes de la commune de Sô-AVA.

Quelles est l’importance de la filière pêche dans la commune de Sô-AVA?

Située dans le département de l’Atlantique, la commune de Sô-Ava  est traversée par la rivière Sô, d’une longueur de 84,4 km. La commune de Sô-Ava  se caractérise donc par sa richesse en plans d’eau d’où son appellation de commune lacustre. Ainsi comme toute commune lacustre la principale activité économique pratiquée ici est la pêche. Subdivisée en 42 villages répartis dans 8 arrondissements ( Sô –Ava ; So-tchanhoué ;   Vekky ; Houédo-Aguékon ; Dékanmè ; Ganvié1 ; Ganvié2 et Ahomey-lokpo), toute la commune a pour activité principale la pêche.

Vous êtes fondatrice et présidente du COMATRAC depuis le 20 Janvier 2012. Dites-nous comment est née l’idée de coopérative et quels sont vos objectifs ?

Malgré le nombre important de femmes exerçant dans la filière pêche dans la commune, nous n’étions pas  auparavant représenter dans les instances de décisions concernant la filière. Nous étions marginalisées. Nos doléances et recommandations pour le développement de la filière n’étaient pas prises en compte. L’idée de coopérative est donc née d’un besoin des femmes mareyeuses de la commune de participer aux prises de décision, de contribuer au développement de la filière pêche et d’améliorer nos conditions de vie.

De 2012 à nos jours, quelles sont les réalisations de votre coopérative ?

Depuis sa création, le COMATRAC a mener beaucoup de lutte et grâce à notre déterminisme et notre dynamisme, nous avons pu opérer beaucoup de changement dans la filière pêche et dans notre commune. Entre autre, nous avons :

  • Réussir à faire entendre notre voix et nous participons  désormais aux réunions et prises de décisions. Contrairement à avant, nous sommes maintenant impliquées dans les programmes de développement de  la filière halieutique au Bénin ;
  • Réussir à interdire la pêche en période d’alevinage ;
  • Réussir à interdire l’utilisation des engins  inappropriés à la  pêche ;
  • Réussir à interdire l’usage des filet à maille fins et des filets prohibés  pour la pêche ;
  • Aussi nous Contribuons activement à la lutte contre la pollution de nos plans d’eau. De bons comportements sont maintenant adoptés pour le bien être de notre communauté, la protection de l’environnement et sa durabilité.

En dehors de vos cotisations à l’interne, votre coopérative a-t-elle des appuis externe ?

Nous n’avons pas des accompagnateurs financiers officielles. Néanmoins, nous avons bénéficié du projet PADPPA (Projet d’appui au développement de la pêche artisanale) qui nous a fait don de barques motorisés, des glacières et d’autres équipements de pêche.

A votre avis que faut-il faire pour booster le développement des filières halieutiques au Bénin ?

Pour le développement des filières halieutiques au Bénin, il est nécessaire de :

  • Installer des usines de transformation accréditées et bien équipées. Je trouve très anormale le fait que malgré l’abondance des produits halieutique, nous n’avons même pas une seule usine.
  • Installation d’une usine de transformation et d’exportation continue. Je profite pour souligner que  la filière crevette par exemple peut générer beaucoup d’emploi si elle est orientée vers l’exportation. Ceci  permettra non seulement le développement de la filière mais aussi la réduction du chômage qui sévissent actuellement nos jeunes compatriotes.

 Avez-vous un mot à l’endroit des femmes qui  ont peur d’exprimer leur leadership et de prendre des initiatives comme vous ?

Je leur lance aujourd’hui un appel, celui  de la détermination et du bravoure . Si elles rêvent d’un lendemain meilleur, de la sécurité alimentaire de leur communauté, de la réduction de la pauvreté et du développement de leur pays, elles doivent laisser tomber ce sentiment d’infériorité, de peur et exprimer leur leadership. Le développement, c’est l’affaire de tous (hommes et femmes).

ZZ