Archives mensuelles : avril 2014

Les jeunes dans l’entreprenariat agricole au Bénin

SAM_3178Face à l’insécurité alimentaire grandissante dans le pays; la cherté des denrées alimentaires et produits agricoles ;  le manque d’emploi ;  le chômage des jeunes et l’augmentation du taux de délinquance juvénile, l’Etat béninois dans son dynamisme de lutte contre  l’insécurité alimentaire et les maux qui minent la jeunesse a opté pour l’entreprenariat agricole.  En effet le Bénin dispose d’un fort potentiel agricole, des zones agro-écologiques, toutes favorables à l’entreprenariat agricole. De même nous avons d’énormes ressources agricoles non encore exploités  notamment la vallée de l’Ouémé qui  est la vallée la plus fertile du Bénin. Son potentiel des terres agricoles s’élève à plus de 70 000 hectares, dont moins de 30 % sont exploités actuellement.  L’entreprenariat agricole se révèle alors comme la solution primordiale aux problèmes d’insécurité alimentaire et d’emploi qui sévissent dans le pays.

Ainsi l’entreprenariat agricole est à la une ces dernières années. Des séminaires et conférences sont initiés et financés par l’Etat béninois. De même, on dénombre plusieurs programmes de promotion de l’entreprenariat agricole. Nous avons des projets  de promotion de l’entrepreneuriat agricole (PPEA) dont l’objectif principal est de veiller à la mise en place d’une vaste pépinière de jeunes entrepreneurs ruraux prêts à s’installer de façon durable dans l’agriculture. De  part et d’autres, on compte aussi des ONG (Organisation non gouvernementales) ; des associations de développement qui s’investissent aussi à la cause ; des  centres d’incubation des jeunes à l’entreprenariat agricoles, des centres  de promotion de l’entrepreneuriat agricole qui offrent aux jeunes des  modules de formations sur l’entreprenariat agricole.

Après une brève évaluation de l’entreprenariat agricole au Bénin, nous pouvons affirmer que malgré le nombre faible de jeunes entrepreneurs dans le secteur agricole et le taux de chômage toujours élevés, nous avons des modèles  de jeunes entrepreneurs agricoles  qui ont réussi et qui suscitent passion au sein de la jeunesse. « J’ai commencé un petit  élevage de lapin, il y a moins d’un an et aujourd’hui je dispose d’un grand nombre de lapins. Je livre 250 Kg de viande de lapin tous les mois aux restaurants et supermarchés de la place à un prix de 2500FCFA le Kg. Je fais donc chaque mois  une entrée d’argent de 625.000 FCFA. » confie un jeune éleveur de lapin. Nous soulignons donc qu’une entreprise agricole ne nécessite pas toujours de grand fond, démarrez donc avec le moyen que vous avez et le reste viendra après. Au fur et à mesure que vos revenus financiers augmentent , vous agrandirai sans doute votre exploitation agricole.

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Pour Joséphine, exploitante agricole à Zinvié (commune d’Abomey-Calavi) , s’il y a un métier qui vous permet de gagner près de 10 fois de ce que vous investissez, c’est l’agro-business. Grâce à son exploitation de manioc, elle dispose aujourd’hui d’une unité de production du gari (farine de manioc) avec  des employées qu’elles paient bien. Elle assure aujourd’hui  sans gêne la scolarisation de ses enfants et a pu s’offrir aussi un bon logement.

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« Je dispose d’un centre d’aviculture qui me permet de subvenir à mes besoins et celui de ma famille. Je n’ai pas d’autre activité génératrice de revenu. Je ne fais que çà. Une entreprise agricole est très rentable, c’est ma source de richesse » confirme un autre jeune entrepreneur du secteur agricole.

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Avec la réussite de beaucoup de jeunes entrepreneurs, nous sommes convaincus que d’ici quelques années beaucoup de jeunes vont s’engager dans l’entreprenariat agricole.

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Transformation artisanale du lait frais de vache en fromage local peulh au Bénin

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Connu sous le nom de waragashi, la transformation du lait frais de vache en fromage est une activité exclusivement féminine dont les femmes béninoises  détiennent le procédé depuis des lustres. En effet la technologie traditionnelle de transformation  du lait frais en fromage au Bénin furent l’œuvre des femmes béninoises d’ethnies peulh de la région nord du pays d’où l’appelation « fromage local peulh ».

Traditionnellement recueilli, au petit matin par les peulh (hommes), le lait de vache pour être mieux conservé est transformé en fromage par les femmes peulh. Le fromage obtenu peut être conserver durant des jours.  et sert de source de revenu au foyer peulh.

Assez apprécier des consommateurs, le fromage occupe la première place des produits laitiers consommés au Bénin et constitue aujourd’hui un produit de commerce aux femmes revendeuses des villes carrefour du bénin (Dassa, Panouignan, Parakou, Djougou etc.). Ce commerce est encore fleurissant dans les grands marchés en l’occurrence le marché international Dantokpa, le marché de Glazoué et le marché Arzékè de Parakou  où de nombreuses femmes en tirent leur revenu quotidien. Ainsi outre les femmes peulh détenteurs de la technologie traditionnelle de fabrication du fromage, le Bénin a connu d’autres catégories de fromagères qui  sont des femmes d’ethnie Bariba, Dendi, Wama. Ces femmes proches des femmes peulh se sont initiées chez ces dernières.

De nos jours, les fromagères sont répandues un peu partout dans le Bénin. Plus besoins de se rendre au nord du pays pour s’en procurer bien vrai que la zone nord demeure le lieu de forte production du fromage local peulh. Le nombre de fromagères, grossistes et revendeuses qui augmentent de jour en jour témoigne l’importance de cette activité pour la sécurité alimentaire de même que dans  l’économie et l’autonomisation financière des femmes béninoises .

Diagnostic de l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole au Bénin

Photo0266L’entreprenariat féminin se définit comme la création et le développement d’entreprise par les femmes. Ce concept devrait donc être très important dans les programmes de développement de tous pays en voies de développement ou pays pauvres car la femme joue un rôle non négligeable dans la société en tant qu’opératrice incontournable dans la lutte contre la pauvreté. Ainsi il s’avère très important de s’intéresser à l’entreprenariat rural en particulier l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole au Bénin. Ceci pour trois raisons fondamentales : sur le plan démographique les femmes sont plus nombreuses que les hommes, aussi on compte plus de femmes en milieu rural qu’en milieu urbain au Bénin et ces femmes exercent majoritairement des activités agricoles. Promouvoir l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole contribuera donc inévitablement au développement agricole et à la réduction de la pauvreté au Bénin. Par ailleurs le développement de l’entreprenariat féminin constituera aussi une source de mobilisation des recettes de l’Etat et une augmentation du financement interne car beaucoup de femmes auront désormais une entreprise agricole reconnue et formelle.

Malheureusement, on compte très peu de femmes entrepreneures dans le secteur  agricole au Bénin. La majorité des femmes rurales travaillent comme ouvrières dans les exploitations agricoles. D’autre part, Elles mènent une agriculture de subsistance. Leurs productions visent plus l’autoconsommation, la survie de leurs ménages qu’une grande production, une entreprise agricole où la production est comprise comme une révolution verte qui propulse vers un développement agricole et un développement économique. Ainsi, c’est rare de voir une femme rurale s’engager dans entrepreneuriat agricole. Les femmes entrepreneures dans le secteur agricole au Bénin sont moins de 5% du nombre total de femmes exerçant dans l’agriculture. Ces entrepreneures agricoles sont majoritairement des femmes intellectuelles, des femmes agronomes, des femmes professionnelles exerçant dans un autre secteur d’activité. Elles sont pour la plupart des commerçantes, des opératrices économiques, fonctionnaires de l’administration publique, fonctionnaires à la retraite etc. Ainsi les femmes entreprenantes dans le secteur agricole au Bénin sont des femmes qui ont déjà une certaine autonomie financière. Elles ont pour la plupart au minimum 40 ans d’âge.

Nous constatons donc qu’il existe des difficultés qui limitent les femmes rurales à s’engager dans entreprenariat agricole. Au nombre de ces contraintes, nous avons :
– L’accès des femmes rurales à la terre qui est un facteur déterminant dans la production agricole : la femme n’hérite pas de la terre dans nos coutumes. Ceci constitue une pesanteur socioculturelle qui empêche d’une manière ou d’une autre le développement agricole au Bénin.
– L’Accès aux crédits agricoles : les banques demandent des garanties et surtout les propriétés foncières pour attribuer des crédits. Voilà qu’elles n’en disposent pas. Elles n’arrivent donc pas à accéder aux crédits agricoles.
– Le manque de moyens financiers pour l’achat des intrants agricoles (semences amélioré et engrais surtout). Ceci affecte considérablement leur rendement agricole.
– Le manque de formations et d’appui technique : les formations et sensibilisations sont faites uniquement en milieu urbain, elles ne sont pas souvent décentralisées pour concerner les villages. Ainsi ces formations touchent beaucoup plus les femmes intellectuelles, les femmes déjà entrepreneures que les femmes qui ont vraiment besoin de ces formations.

Pour le développement de l’entreprenariat des femmes dans le secteur agricole, il est nécessaire de donner du crédit aux femmes rurales. L’accès des femmes rurales au financement agricole participera certainement à l’augmentation de leur productivité agricole, au développement de l’agriculture commerciale et à plus de vison d’entreprenariat. Il est important aussi de faciliter l’accès des femmes à la terre et aux formations.